Utopie de « La cité »

Mon utopie de « La cité »

Je parlerai dans l’idée de « la cité » ancienne qui était composée de la ville et de ses alentours. Je parle d’une « cité » de taille réduite mais il serait possible de l’étendre à des cités plus importantes dont la population serait dans des limites à définir et revues périodiquement pour qu’un consensus se dégage plus facilement. Les mégalopoles sont des états à eux seuls.

L’utopie d’une cité où la numérisation est acceptée et voulue pour la simplification. Une cité où l’administration bureautique tendrait à diminuer par la création de sites internet dédiés à ses fonctions administratives, ce qui est en voie au niveau national. Il se dégage de ce point une nécessité de connexion à internet via des pôles communautaires et des lignes personnelles. On ne peut exiger l’adoption d’un moyen de communication sans en donner la possibilité financière, par des détaxes ou par dégrèvements d’impôts. Car oui, il existera toujours des impôts pour faire fonctionner les services de secours et de protection d’un état. L’accès à des services est payant d’une manière générale. L’accès à l’orientation vers un service est gratuit.

Cette approche d’une administration réduite en terme de fonctionnaires et de locaux ne doit pas nous faire perdre de vue que les fonctions informatisées ont besoin d’un socle, d’un lieu d’hébergement. Cet hébergement est comme le reste soumis à des contraintes de sécurité et d’entretien. Cela a aussi un coût. La balance entre le coût humain avec son espace dédié et le coût informatique également avec son espace dédié est probablement équivalent. Le bénéfice informatique se trouve dans le temps d’accès aux services ainsi que la possibilité d’une plus grande coordination entre les communes et leurs concitoyens. Un programme écrit avec des variables d’identification peut être généralisé sur un territoire défini. Cela réduit le coût par tête d’habitant.

Cette optique libère du personnel, des locaux. Comment utiliser ce potentiel ? Pour le personnel, de nouveaux métiers feront leur apparition. Des métiers tournés vers le contrôle de l’informatique administrative et vers l’informatique commerciale. Des métiers de conseils privés, des métiers d’assistance à la communication, des métiers de développement personnel, de développement commerciaux liés à l’informatique, et d’autres métiers verront le jour. Où s’arrêtera la numérisation ? Nul ne peut le prédire. De toute façon là où l’obligation légale se fait, le citoyen suit par nécessité et obligation sinon c’est la marginalisation. Là encore des métiers viendront se créer pour limiter la marginalisation.

 

L’état en maître

 

L’obligation vient de l’état. Un gouvernement élu se verra toujours confronté à une opinion contre une mondialisation. Les particularismes seront repoussés dans le cercle privé de la famille, de l’association, de la religion et peu se retrouver dans la gestion de « la cité ». L’état sera l’organisateur des généralités et des services de sécurité et de secours. L’état sera mis en concurrence avec son voisin sur un plan fiscal, sécuritaire, solidaire et protecteur. Si l’état ne tient pas compte de ses voisins, il risque soit une immigration soit un exode. Ce qui est déjà le cas même au sein d’un bloc comme l’Union Européenne. Les travailleurs détachés en sont un exemples.

L’état aura donc un rôle de régulateur tant vis à vis de ses citoyens que de voisins et de partenaires commerciaux.

Nous parlons ici d’état, de commerce, de gouvernement, il s’agit toujours d’humains aux manettes de ces organismes, de citoyens. Ne nous leurrons pas, l’humain est l’espèce qui a le goût du pouvoir le plus prononcé parmi les espèces qui peuplent la terre. C’est sa force et sa faiblesse. Sa force, il est adaptable et a conquis son territoire en entier par cet aspect de son humanité. Sa faiblesse, il exerce aussi sa force contre son espèce. Il faut donc garder une place dans l’organisation humaine à ce goût du pouvoir avec le contrôle de la démocratie. Mais qu’en est-il du pouvoir de l’argent qui offre la puissance ?

L’état peut, soit développer l’envie de créer de la concurrence, soit imposer des règles à des monopoles extra-territoriaux. Ces monopoles sont souvent dématérialisés aujourd’hui. Je pense au phénomène Facebook qui ne produit rien intrinsèquement mais induit directement de par sa fonction de rassemblement. Il est devenu le support du désir et la vitrine de l’offre. Il s’agit d’une application qui ne pourrait exister sans l’informatique avec toutes ses contraintes et ses facilités. Les transmissions filaires tendent à disparaître au profit des transmissions hertziennes.Ce genre de transmissions se libère des contraintes matériels comme le câblage. Il s’affranchit du territoire, des frontières et pas encore de l’état pour l’instant. Les antennes et les longueurs d’ondes attribuées sont encore du domaine de l’état. Pour combien de temps ? Le transport d’information par la lumière est à l’étude. La réception se fera individuellement. Les antennes collectives actuelles disparaîtront. La libéralisation se fera par voie privée. Chacun possèdera son récepteur, son antenne. Même l’électricité domestique tendra à se privatiser, avec les panneaux solaires par exemple. Les réseaux électriques serviront les industries. Ces réseaux appartiendront à des secteurs privés comme Google, Facebook et autres géants financiers. Car c’est là où le génie futur se niche, couvrir l’ensemble de ses besoins pour conserver son monopole. Un conglomérat sous forme d’entreprises indépendantes mais aux mains d’actionnaires complémentaires et amis peuvent prendre le contrôle de l’énergie nécessaire à leur monopole.

 

Un gouvernement à la régulation

 

Un gouvernement démocratique est fragilisé par son désir de liberté citoyenne. L’humain aime l’ordre et son penchant pour une dictature où il serait le maitre, chacun peut rêver, est la monstrueuse possibilité de régulation. Les monopoles aiment la dictature, c’est selon eux stable, pour un temps, celui de s’implanter efficacement. De tout temps les dictatures s’écroulent et aujourd’hui plus rapidement qu’hier. Les sociétés numérisées fragilises les dictatures. C’est le grand écart entre  le désir de monopole stable et l’utilisation qu’en fait le citoyen. Demain la poste augmente ses tarifs de colis postaux. Amazon risque gros et doit donc se prémunir en diversifiant son activité et en signant des traités de non-agression. Traités locaux pour l’emploi, traités financiers avec ses fournisseurs, traités administratifs pour son statut d’entreprise territoriale en vue des impositions. Facebook a atteint un seuil d’intouchable pour le moment mais il sait qu’une dictature à la chinoise peut le renverser en le concurrençant. La chine dispose d’un cinquième de la population mondiale et une zone d’influence qui concerne au moins un tiers de la population mondiale. Sa puissance financière est largement plus importante que les GAFA réunis. Les GAFA disposent de moyens de communication mais pas de population réunie en état contrôlé et contrôlable. Demain Facebook, Google, Amazon ne seront plus que des acteurs financiers. Leur secteur d’activité est trop risqué et ils le placeront dans des entreprises nouvellement créées non cotées en bourse.

Tout ce développement pour expliquer que les échelles de décisions ne sont pas les mêmes entre une ville et un état mais que cela nous impacte malgré tout directement où que nous nous trouvions. Le téléphone portable a créé la liberté de circulation aussi importante que les moyens de transport de l’époque moderne. Nous sommes joignables et pouvons joindre plus vite que par un déplacement même rapide. Nous sommes aussi traçable par ce biais. Puisque c’est devenu quasi inévitable, faut-il que « la cité » deviennent un lieu d’isolement par rébellion face au numérique ou un lieu d’accompagnement du numérique ? Quelque soit le choix, il faut créer son univers afin d’y vivre au mieux. Puisque vivre implique pour la plupart d’entre nous de résider de manière permanente dans un lieu, dans un territoire, il faut développer l’aspect humain compagnon de l’aspect numérique. Éh oui, sans l’humain le numérique ne sert à rien ! Une société de robots serait aussi morne que la plaine de Waterloo ! L’humain a besoin de plaisir et il le trouve autour de lui dans la diversité de sa vie. Maison, nourriture, paysage, activité festive et même travail sont autant de possibilités de plaisir pour nos démocraties. Je ne doute pas qu’une majorité de la population mondiale aspire à cela même si elle en est privée pour l’instant.

 

La numérisation comme atout

 

Optons pour la numérisation qui éblouit une génération qui va de l’enfance au jeune quinquagénaire. L’enfant, l’adolescent se développe dans cet environnement aujourd’hui de manière naturelle de par sa sociabilité  scolaire. Certaines familles aimeraient garder les enfants près d’eux pour les « protéger » de ce phénomène au risque de les voir se désocialiser, de se marginaliser et de créer un sentiment de rébellion quelque soit le sens vers lequel la rébellion s’exerce. La rébellion n’est pas nocive en soi si son action est formatrice et créatrice de bien. Le saccage n’est pas nécessaire à la rébellion. La cité qui accompagnera les innovations et les créations sera une cité où la population se fixera davantage. N’est-ce pas le but et la volonté des élus face à la demande des citoyens en terme d’emploi, de sécurité et de solidarité ? La cité doit se comprendre en terme de territoire. Il n’est pas nécessaire de recréer des enceintes autour de la ville et d’en contrôler l’entrée ! La cité devrait être un territoire le plus homogène possible en terme géographique et d’équipement qui le traverse.

La cité devrait mettre en place plusieurs cellules. Une cellule s’occuperait de l’innovation en attirant des compétences en matière de numérisation et en créant les critères d’émulation au sein de la cité. Cela permettrait de coller au plus près des demandes et de créer les offres possibles pour répondre à cette demande, par exemple un nouvel équipement, ou une rénovation, ou bien encore un nouveau terrain de logements. Une autre cellule s’occuperait de l’intégration des technologies qui se développent quotidiennement et cette cellule serait un centre de formation permanent pour toute la population. Une autre cellule se pencherait sur la sécurité numérique, qu’elle passe par le médical ou l’information personnelle. Cette cellule se chargerait de veiller à la sécurité des données que nous fournissons à la numérisation. N’oublions jamais que le numérique est une passoire puisque basée encore pour l’instant sur un mode binaire, éteint-allumé. Le futur se penche déjà sur des ordinateurs analogiques, chimiques et autres quantiques, où la sécurisation des données sera mieux assurées. Il reste toujours une lé pour ouvrir un coffre ! Le programmeur qui a introduit le cryptage des données est une de ces clés. La clé est nécessairement quelque part dans un réseau où l’ordinateur a accès. D’autres cellules sont à imaginer pour le futur et d’autres seront appelées à disparaître.

 

Les pionniers sont à l’honneur

 

Nous étions partis de l’idée de la dématérialisation de l’administration et nous en créons une nouvelle sous forme de cellules orientées. Elles devraient être composées en partie par des élus, des employés privés et des particuliers bénévoles. La mise à jour de ces cellules se fait au rythme des demandes de la population. Demandes majoritaires ou non. Une bonne invention a besoin de pionniers avant d’être le modèle de la généralité. Nous pouvons évoluer pas à pas, en montant un escalier ou nous pouvons évoluer brutalement en larguant les amarres. J’ai une préférence pour l’escalier, mon coeur a besoin de s’adapter à la montée !! Il n’est pas question de redescendre, de toute façon tout est éteint derrière moi ! Mes yeux sont tournés vers l’avant, vers le futur !

Ce site se voudrait un écho à cette utopie et en montant pas à pas vers le futur.